• Non mais je rêve (sur The Tree of Life)

    De singuliers lieux de convergence entre Melancholia et The Tree of life de Terrence Malick, somptueuses (comme il se doit) images de galaxies, de nébuleuses, de planètes (il ne manque plus que Strauss), grotesques reconstitutions numériques de dinosaures (une étrange scène où un lézard debout épargne un lézard à l'agonie dans dix centimètres d'eau), sans doute pour se distinguer des créationnistes, mais retour au panthéisme à toute vitesse, en l'abence d'un dieu (Eloï Eloï lama sabakhtani), ou en présence d'un vrai salaud, qui laisse mourir des enfants et la frustration et la violence s'installer dans les familles les plus propres, les plus pieuses, les plus fondamentalement tournées vers le ciel. Et on retrouve notre bon Job de l'Ancien Testament dans les épaules splendides de Brad Pitt, qui ne parvient pas à jouer le grand nigaud texan, même avec d'horribles culs-de-bouteilles. Ce mec irradie trop pour incarner le bon gars qui n'a pas compris ce qu'il avait fait de sa vie. De Lars von Trier à Terrence Malick, on regarde donc vers le ciel, les étoiles, les arbres, avec le sourire béat d'abord, avec rage ensuite, rien de bon finalement, là-haut. Mais surtout: chez les cathos du Texas, pas un seul livre. Regardez bien. Pas un. (Cinq minutes plus tard: si, un livre pour enfants, avec petites souris et petits lapins), sans doute parce que Le Livre du monde suffit. 


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